Dans les coulisses tremblantes de la politique haïtienne, où la tragédie côtoie la farce, une nouvelle comédie semble se jouer sous nos yeux ébahis. Le maestro de cette orchestration, nul autre que l’ancien président Joseph Michel Martelly, dont l’art de la manipulation politique pourrait bientôt être sujet d’étude dans les écoles de théâtre du monde entier.
Selon des révélations du New York Times, les fidèles alliés de Martelly au sein du Conseil présidentiel de transition auraient concocté en catimini une proposition d’amnistie pour les gangs armés. Ces mêmes groupes qui, depuis 2021, sèment la désolation parmi la population haïtienne – assassinats, kidnappings, vols, viols, et autres délices de leur cru.
La proposition, aussi audacieuse que cynique, inclurait également une immunité élargie pour les anciens hauts fonctionnaires accusés de corruption. Un joli coup double pour laver plus blanc que blanc ceux qui ont sans doute le plus besoin d’une bonne trempette.
Martelly, dans une pirouette verbale digne d’un danseur étoile, a nié toute implication. « Je n’ai jamais eu de relation avec des gangs et je n’ai jamais fait référence à l’amnistie pour qui que ce soit », a-t-il déclaré au New York Times, avec tout le sérieux d’un clown larmoyant.
Et pendant que Martelly rejette ces « allégations infondées », rappelons-nous que son gouvernement a été éclaboussé par des accusations de corruption généralisée, notamment le détournement de fonds du programme PetroCaribe. Environ 2 milliards de dollars se seraient envolés, non pas vers des projets de développement pour le peuple haïtien, mais dans les poches déjà bien garnies de certains élus.
La réponse internationale ne s’est pas faite attendre. Le Canada, excédé par ces farces politiques, a décidé de sanctionner Martelly ainsi que deux anciens premiers ministres et d’autres figures politiques, tous soupçonnés de fricoter un peu trop ouvertement avec les gangs armés.
Alors que la sélection d’un nouveau Premier ministre se transforme en épisode d’une télénovela politique de bas étage, le peuple haïtien observe, entre incrédulité et résignation. Allons-nous assister à un renouveau politique, ou simplement à un nouvel acte de la même tragédie ?
Les paris sont ouverts, et la scène politique haïtienne continue de surprendre. Entre réalité et fiction, la frontière n’a jamais été aussi floue. Mais une chose reste certaine : dans le grand théâtre de l’absurde qu’est Haïti, les spectateurs sont rarement déçus.

