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Et si le feuilleton Hervé Bazile cachait un complot contre la campagne Haïti 2026 ?

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Alors que la sélection tente, avec dignité, de se reconstruire pour aborder la dernière phase des éliminatoires de 2026 — après une Gold Cup où certains joueurs semblaient plus préoccupés par leur statut que par le drapeau — voilà qu’Hervé Bazile, oublié du terrain mais pas du micro, revient avec un récit cousu de fil blanc, servi tiède à l’heure du renouveau. L’ironie est totale : ceux qui n’ont jamais su faire gagner Haïti voudraient aujourd’hui lui interdire jusqu’au droit de rêver. À croire que dans certains vestiaires, l’échec n’a jamais vraiment pris sa retraite.

Il est des hommes qui, voyant le train de l’histoire s’élancer sans eux, ne se contentent pas d’agiter la main depuis le quai : ils tentent d’en dérailler les rails. Tandis que la sélection nationale panse les plaies morales de la Gold Cup et s’efforce de rebâtir un collectif digne et habité d’espoir, Hervé Bazile surgit des marges du souvenir, non en éclaireur lucide, mais en messager du ressentiment. Son récit, tissé de contrevérités et de blessures mal refermées, ne cherche pas la vérité : il vise à entamer le souffle d’une dynamique qu’il ne maîtrise plus. Ce n’est plus un désaccord — c’est une entreprise de déstabilisation. Et s’il est une trahison plus grande que celle d’un maillot abandonné, c’est celle d’un rêve qu’on tente d’arracher à ceux qui n’ont pas encore eu la chance de le porter

À mesure qu’Haïti s’approche d’une étape historique dans la dernière phase des éliminatoires de la Coupe du monde 2026, un parfum de sabotage plane sur le football national. Dans une interview accordée au journaliste Rudy Sanon, l’ancien international Hervé Bazile a ravivé les braises d’un ressentiment personnel, en alimentant une campagne de discrédit contre l’encadrement de la sélection nationale. Si ses propos sur les convocations et les primes non perçues semblent, à première vue, motivés par une quête de justice, une lecture attentive des faits et des documents laisse entrevoir un agenda plus sombre : affaiblir le moral des troupes et décourager les renforts potentiels venus de la diaspora. En d’autres termes, saboter la campagne Haïti 2026 de l’intérieur.

Car pendant que la Fédération Haïtienne de Football (FHF), sous la conduite du Comité de normalisation, s’échine à convaincre des joueurs de haut niveau comme Jean-Ricner Bellegarde (Wolverhampton) et Wilson Isidor (Sunderland) de rejoindre le projet national, Hervé Bazile, lui, préfère souffler sur les braises du doute, distiller l’aigreur, et semer la méfiance. Une posture aussi inutile que nuisible, surtout à ce moment précis où Haïti n’a jamais été aussi proche, depuis quarante ans, d’une qualification historique pour la phase finale d’une Coupe du monde.

Rappelons-le à ceux qui feignent de l’oublier : cela fait cinquante et un ans que notre pays n’a pas connu les joies de la grand-messe du football mondial. Mais au lieu de saluer les efforts d’une fédération qui, sans aucun appui de l’État, tient debout grâce au soutien structurant de la FIFA, Bazile préfère jouer les Cassandres de vestiaire, livrant ses états d’âme au bon vouloir des micros, au lieu de se souvenir qu’il fut, un jour, un soldat du maillot bleu et rouge. Visiblement, certains anciens ne supportent pas de voir Haïti rêver sans eux.

Mais les faits sont têtus. Contrairement aux déclarations de M. Bazile, les preuves documentées montrent que toutes ses primes de match ont bel et bien été versées. Pour la Gold Cup 2019, un total de 8 007,51 dollars américains lui a été transféré par le biais des comptes de Dieussaint Charlera (Billy) et Jean-Jacques Pierre, conformément aux procédures en vigueur. Pour la campagne de 2021, un virement de 148 800 gourdes a été effectué à son nom par la FHF le 20 juillet. Il est donc inexact — voire délibérément mensonger — de prétendre que la fédération aurait manqué à ses obligations financières.

Pire encore, l’accusation selon laquelle aucune lettre de convocation n’aurait été transmise à son club, le Havre AC, est formellement contredite par les archives de la FHF. Une correspondance signée du Secrétaire général Carlo Marcelin, datée du 20 mai 2021, a bien été envoyée au club normand, réception confirmée le 25 mai à 11h34. Par conséquent, la perte économique alléguée de 150 000 € relève moins d’une négligence fédérale que d’un artifice narratif destiné à légitimer une position victimisante.

Mais au-delà du cas individuel d’Hervé Bazile, ce feuilleton soulève une interrogation fondamentale : assiste-t-on à une opération coordonnée de démoralisation de la sélection nationale ? Faut-il voir, derrière cette prise de parole médiatisée, une tentative d’affaiblissement symbolique du projet collectif que représente la qualification pour 2026 ? Il est permis de se poser la question, tant le timing et le contenu des accusations semblent calculés pour jeter l’opprobre sur la FHF, démobiliser les joueurs, et freiner la dynamique enclenchée.

Oui, il est légitime de critiquer le choix de certains cadres techniques, à commencer par Sébastien Migné, dont les compétences à la tête des Grenadiers sont, pour beaucoup, discutables. Mais cela ne saurait justifier une entreprise de sape méthodique contre les espoirs d’un peuple qui, depuis trop longtemps, attend une victoire collective, un rêve commun, un sursaut national. Le football haïtien n’a pas besoin d’un règlement de comptes : il a besoin de soutien, de cohésion et de transparence.

Si le complot existe, il ne vise pas la FHF uniquement. Il vise Haïti tout entière, ses jeunes, ses supporters, et cette idée, pourtant fragile, que le sport peut encore nous rassembler. Que chacun en prenne acte

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