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À l’occasion de la Journée mondiale des Premiers secours, le CAN rend hommage à ces mains qui sauvent

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Port-au-Prince, samedi 13 septembre 2025 – À l’extérieur, les sirènes continuaient de fendre l’air de la capitale. À l’intérieur de l’hôtel El Rancho, c’était une autre ambiance : regards attentifs, chuchotements retenus, applaudissements nourris. Le Centre Ambulancier National (CAN) célébrait la Journée mondiale des Premiers secours, en rendant hommage à ses « héros de l’ombre », ces femmes et ces hommes qui, chaque jour, posent les gestes décisifs entre la vie et la mort.

La cérémonie s’est ouverte dans un climat à la fois solennel et fraternel. Le Conseil d’administration – le Dr Harry Eloi, Mme Kathy Juste Netus, M. Wisly Aurelus, Mme Daphney Ducrepin – était présent, aux côtés du Directeur général, Me Renand Aristide. Dans la salle, se côtoyaient diplomates, dont l’ambassadeur de Taïwan, M. Hu Cheng Hao, partenaires internationaux tels que le CICR, Médecins Sans Frontières France et Belgique, la compagnie HERO, ainsi que des membres du gouvernement, des personnalités politiques, des figures de la société civile et du monde sportif. Dans un pays secoué par l’insécurité et la crise, cette diversité avait valeur de symbole : ici, la vie restait au centre.

Dans son discours d’ouverture, le président du Conseil, Dr Harry Eloi, a donné le ton : « Le CAN ne peut pas se limiter à survivre, il doit s’élancer vers l’avenir. » Il a annoncé l’acquisition prochaine d’un hélicoptère ambulance, destiné à atteindre les zones les plus reculées. L’annonce fut saluée par de longs applaudissements, comme un souffle d’espoir.

Le Directeur général, Me Renand Aristide, a ensuite pris la parole. Son hommage fut direct : « Vous êtes les héros silencieux de la République. Chaque sirène qui retentit dans nos rues porte votre courage. » Il a rappelé que derrière chaque ambulance se trouve une armée discrète : secouristes, chauffeurs, médecins, infirmières, employés administratifs, mais aussi ces ménagères qui, dans l’ombre, garantissent l’hygiène et la dignité des bases du CAN. Tous partagent le même fardeau : risquer leur vie pour préserver celle des autres. Aristide a aussi salué le soutien de Son Excellence Louis Gérald Gilles, Conseiller-Président et responsable du Chantier Santé, avant d’inviter les partenaires internationaux à poursuivre leur engagement.

Le moment le plus fort fut sans doute la remise des distinctions. Les noms s’égrenèrent : Chérilus Marc-Ovens, Louis Joseph Antonio, Saint-Clair Sanette, Sylvain Dieufranc, Frédéric Emartel, Juste Marie Hetmans. À chaque appel, des applaudissements sincères, des sourires émus, des mains tremblantes. Une plaque spéciale fut remise à Son Excellence Louis Gérald Gilles, reçue par son directeur de cabinet, M. Brad Batholy Cadet, comme le sceau d’une alliance entre leadership et sacrifice du terrain.

Sous le thème « Premiers secours et changements climatiques », la célébration a pris valeur de leçon nationale. Car en Haïti, lorsque les pluies engloutissent, que la chaleur accable ou qu’un cyclone frappe, il ne reste souvent que ces gestes immédiats : stabiliser, évacuer, trier, maintenir une vie. De simples gestes, mais décisifs, qui repoussent la mort et prolongent l’espérance.

En clôture, une vérité simple mais forte s’est imposée : le CAN n’est pas seulement une flotte d’ambulances. Il est une sentinelle de la République, une école du don de soi, une chaîne humaine où chaque maillon – du chauffeur à l’infirmière, de l’administratif à la ménagère – incarne une même mission : sauver. En honorant ces mains qui sauvent, Haïti s’est rappelée qu’au cœur du chaos, choisir la vie demeure son plus grand acte de résistance.

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