À l’approche des Jeux Olympiques de Paris 2024, il semble que l’État haïtien ait décidé de jouer une comédie sportive plutôt qu’une véritable préparation. Dans un geste d’apparente générosité, le gouvernement a alloué la somme phénoménale de 10 millions de gourdes sur un budget de 450 000 dollars américains au Comité Olympique Haïtien. Bravo ! Avec une telle somme, à trois jours du début des Jeux, les athlètes pourront au moins s’offrir quelques croissants à Paris, après tout, il faut bien carburer pour les compétitions !

Pendant ce temps, nos voisins de la République Dominicaine semblent vivre dans un univers parallèle où le sport est pris au sérieux : 21 millions de dollars investis pour s’assurer que leurs athlètes soient prêts et capables de ramener des médailles. Pendant ce temps, Haïti continue de briller par son art de la gestion minimaliste, transformant ce qui pourrait être un investissement stratégique en un théâtre de l’absurde financier.

L’allocation de fonds à la dernière minute pourrait être perçue comme un éclair de génie bureaucratique, si elle n’était pas aussi tristement insuffisante. Peut-être les responsables envisageaient-ils une nouvelle discipline olympique : la course à l’inefficacité, où Haïti pourrait sans doute prétendre à une médaille d’or.

Dans ce contexte de sous-financement chronique et d’allégations de corruption, on ne peut s’empêcher de penser que le Conseil Présidentiel de Transition et le gouvernement haïtien ont peut-être confondu les termes « soutien aux athlètes » et « soutien symbolique ». Après tout, pourquoi investir dans des infrastructures sportives, des entraîneurs ou de l’équipement quand on peut simplement envoyer des pensées et des prières aux athlètes?

Alors, à quand un véritable engagement pour le sport en Haïti? Peut-être quand les cochons voleront ou, plus probablement, quand le sport deviendra une source de revenus incontournable pour les caisses de l’État. Jusqu’alors, nos athlètes continueront de faire de leur mieux, armés de rien d’autre que leur talent et leur détermination, défiant non seulement leurs adversaires mais aussi l’indifférence spectaculaire de leurs propres leaders.

Les Jeux de Paris offrent à Haïti une scène mondiale pour montrer son esprit et son endurance. Espérons que nos athlètes ne devront pas aussi concourir contre l’oubli de leur propre gouvernement. Et si tout échoue, peut-être pourrions-nous envisager de mettre en place une nouvelle discipline olympique pour Paris 2024 : le saut des obstacles bureaucratiques.

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