Certains l’avaient accusé d’avoir “abandonné les victimes de Mélissa”. Pourtant, au Qatar, Laurent Saint-Cyr et le Conseil Présidentiel de Transition ont montré un autre visage : celui d’un pouvoir qui cherche encore à rassembler, à travers la jeunesse et le sport, un pays brisé.
Sous le soleil de Doha, le Coordonnateur du CPT s’est installé dans les tribunes pour soutenir la sélection nationale U17 face à l’Égypte. Le score — 4 à 1 pour les Pharaons — ne dit pas tout : Haïti n’a pas été ridicule. Ses jeunes joueurs ont tenu tête avec courage et panache, portés par un esprit de combativité qui force le respect.
Laurent Saint-Cyr les a félicités un à un, saluant leur discipline et leur passion. « Ces jeunes incarnent l’espoir, la fierté et la dignité d’un pays qui refuse de renoncer », a-t-il déclaré, visiblement ému.
Au-delà du symbole, le CPT a promis d’investir davantage dans le sport haïtien, rappelant qu’il doit redevenir un pilier du relèvement national. Mais derrière les promesses, une question demeure : Haïti peut-elle encore miser sur le sport sans un engagement concret et durable de l’État ?
Car la réalité du terrain est implacable. Dans un pays miné par l’insécurité, la précarité et le manque de moyens, la jeunesse sportive survit plus qu’elle ne s’épanouit. Sans stabilité politique ni vision structurée, les rêves de Doha risquent de s’éteindre avant d’avoir brillé.
Si le Conseil Présidentiel de Transition veut réellement faire du sport un levier de changement, il devra aller au-delà du geste symbolique : bâtir des politiques publiques fortes, investir dans les infrastructures, la formation et l’accompagnement des jeunes talents.
Le sport haïtien ne réclame pas de compassion, mais de structure, de constance et de courage politique.
Sans cela, il restera un rêve suspendu — aussi beau qu’éphémère.