Hans Joseph, Directeur de l’ULCC, l’homme au flair inégalé, toujours dans le camp des vainqueurs, et plus précisément dans celui des « Blancs » et des puissants. On se souvient de ce jeune Hans, plein de fougue, qui défendait bec et ongles Rony Célestin, ce noble Sénateur, accusé à tort de n’être qu’un baron de la drogue. Mais cette fois, dans un contexte où le CPT et Garry Conille s’affrontent comme deux coqs dans une basse-cour, Hans semble encore une fois avoir trouvé le camp le plus confortable.

Le retour du chevalier blanc

Hier, aux alentours de 7h45, Hans Joseph, fidèle à son rôle de chevalier blanc, a fait une entrée triomphante à la demande de Son Excellence Garry Conille, ce dernier étant devenu l’homme à tout faire, ou mieux encore, le « PPM » — Président Premier Ministre — rêvant de devenir un Ariel Henry bis. Et bien sûr, Hans n’était pas seul ; protégé par Pierre Espérance, ce fin connaisseur des secrets du BMPAD et de Shelson Sanon, il est prêt à faire éclater la « vérité »… ou, tout du moins, la version de la vérité qui convient aux besoins de ses protecteurs.

Deux mois après que le soi-disant scandale de la BNC a fait le tour des médias, pointant du doigt trois conseillers présidents, voilà qu’on attend avec ferveur, comme si c’était la venue du Messie, ce fameux rapport de l’ULCC. Mais la vraie question qui flotte dans l’air est bien celle-ci : le rapport osera-t-il vraiment dépeindre la réalité, ou allons-nous assister à un nouvel épisode de la grande comédie d’État ?

Un scénario bien huilé

Malgré une procédure manifestement sabotée dès le départ, certains espéraient encore, avec une naïveté admirable, un rapport « professionnel » et « irréprochable », prêt à être remis aux autorités compétentes. Ah, les fameuses compétences ! Entre une saisine précipitée, des procès-verbaux sans signature, des informations effacées comme par magie, et un président de la BNC qui a disparu comme David Copperfield, on peut dire que tout est en place pour un coup monté savamment orchestré.

Cerise sur le gâteau, des rumeurs persistantes prétendent que le Premier ministre Pierre Espérance aurait fait pression sur les enquêteurs de l’ULCC pour… ajuster la réalité à ses ambitions personnelles. Le ministre aurait même déjà « lu » le rapport en avant-première, en signant au passage le sort du pauvre conseiller Gilles. Doit-on en rire ou en pleurer ? On se demande bien, tant l’affaire est grotesque. Après tout, Monsieur Espérance n’est ni enquêteur, ni juge, ni commissaire. Quelle force obscure lui confère alors un tel pouvoir pour manipuler les faits et mentir avec une telle aisance ? On dirait qu’il mise gros dans une partie de poker où il a oublié de vérifier ses cartes.

L’art de ne jamais regarder dans le rétroviseur

Et que dire de notre cher Hans Joseph ? Cet homme qui, au temps du défunt Jovenel Moïse, avait blanchi sans l’ombre d’un doute Rony Célestin dans le fameux dossier « Mazoute ». Hans, avec son élan juvénile, était même apparu sur Radio Canada, défendant le bon Rony, sénateur de la République et soi-disant baron de la drogue, avec une énergie qui ferait pâlir d’envie n’importe quel avocat de la défense.

Aujourd’hui, il est encore une fois le héros du moment, prêt à endosser les habits de l’homme qui a la vérité en main — ou du moins, celle qui plaît aux puissants. Mais, bien entendu, avec Hans, il ne s’agit jamais de vérifier les faits, de s’interroger sur l’éthique ou de remettre en question les ordres venus d’en haut. Non, l’important est de se trouver du côté du plus fort, de celui qui pourra garantir une suite confortable, même si cela signifie sacrifier un peu plus la vérité sur l’autel du pouvoir.

La politique kidnappant la justice : une comédie bien rodée

Et ainsi, la grande question demeure : le rapport de l’ULCC nous offrira-t-il enfin une once de vérité, ou s’inscrira-t-il dans la longue tradition haïtienne des manipulations d’État ? Peut-être qu’il est temps que la politique cesse de kidnapper la justice. Mais, soyons honnêtes, qui sommes-nous pour espérer des miracles ? Tant que Hans Joseph continuera de trouver un camp où il est bien au chaud, la grande mascarade d’État pourra, sans conteste, se poursuivre… sous nos yeux désabusés.

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