Et si l’avenir d’Haïti passait par des hommes comme Dr Duckenson Lorthe Blema, animés d’une fougue et d’une énergie que l’on critique souvent, mais qui ont le mérite d’agir là où d’autres hésitent ? La tragédie survenue à l’Hôpital Général – avec son lot de morts, de blessés et de désolation – ne peut être minimisée, mais doit-elle effacer les efforts considérables d’un ministre qui se bat, souvent seul, contre vents et marées ?

Depuis son entrée en fonction, Dr Lorthe Blema a montré une détermination qui détonne dans un paysage politique souvent marqué par l’inaction et la langue de bois. Oui, il a commis des maladresses – on se souvient tous de cette photo de Nairobi pour illustrer une Haïti rêvée – mais qui peut nier que c’est sa fougue qui a permis la réouverture de l’Hôpital Chancerelle à Cité Soleil ? Dans une zone rongée par la violence et l’abandon, il a osé faire ce que beaucoup jugeraient impossible.

Ce drame à l’Hôpital Général ne doit pas devenir une excuse pour le réduire au silence ou briser son élan. Si nos autorités avaient, ne serait-ce qu’un fragment de cette énergie, peut-être que la santé publique ne serait pas l’ombre d’elle-même. L’Hôpital Général est aujourd’hui un symbole : celui d’un combat politique et technique où s’affrontent les intérêts privés, les rivalités internes et la réalité du terrain.

Dr Lorthe Blema est critiqué, parfois à raison, mais ces critiques oublient l’essentiel : il agit. Dans un système où l’inaction est devenue une norme, cette volonté de bien faire, même imparfaitement, est indispensable pour rétablir une certaine autorité de l’État. Que ceux qui s’opposent à lui se lèvent pour proposer mieux, au lieu de se contenter de pointer ses erreurs.

Le problème ne se résume pas à un homme, mais à un système. L’État haïtien a besoin de leaders capables de prendre des initiatives audacieuses, même dans des conditions hostiles. Le ministre Lorthe Blema doit être soutenu, accompagné et non abandonné face à des adversités qui dépassent sa personne. Parce qu’en Haïti, ce ne sont pas les critiques qui manquent, mais les acteurs prêts à bouger les lignes.

Plutôt que de le critiquer, posons-nous la question : que faisons-nous, nous-mêmes, pour rétablir l’autorité de l’État ?

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