À force de jongler avec les textes de loi, Me Patrick Laurent a fini par s’emmêler les pinceaux. Invité sur Panel Magik, il a livré une interprétation juridique qui ferait frémir n’importe quel étudiant en première année de Droit .

À l’émission Panel Magik, diffusée sur le 100.9, Me Patrick Laurent, juriste de renom, s’est illustré d’une bien curieuse manière. Lui qui, à l’image du philosophe éclairé de Platon, devrait guider les âmes perdues hors des ténèbres de l’ignorance,  il a au contraire plongé ses auditeurs dans une obscurité plus épaisse encore.

D’un ton rassuré, il a affirmé que le juge pourrait poursuivre son instruction dès que les Conseillers Présidents Smith Augustin, Emmanuel Vertilaire et Louis Gérald Gilles (CP) ne seraient plus Présidents de la République. Une déclaration fracassante, certes, mais surtout… fausse. En effet,  la Cour d’Appel a pris le soin de préciser que l’instruction devait se poursuivre , « conformément à la loi, tout en tenant compte du statut des personnes concernées dans le dossier ». Me Laurent semble ignorer que la Constitution est Notre Loi Mère, notre Loi Fondamentale , placée au dessus de la pyramide des Lois.

Or, en reconnaissant aux CP le statut de Présidents de la République en justifiant expressément la nullité des mandats sur l’article 186 de la Constitution de 1987, la Cour d’ Appel a conditionné la suite du dossier au respect strict de l’article 189-2 de ladite Constitution. Et que dit cet article ? « Toutefois, le CONDAMNÉ peut être traduit devant les tribunaux ordinaires, conformément à la Loi, s’ il y a lieu d’appliquer d’ autres peines ou de statuer sur l’ exercice de l’ action civile. Il est aisé de déduire qu’ en l’absence de condamnation, il ne saurait avoir de poursuite par devant les Tribunaux Ordinaires ! C’est ce que notre Loi Mère , la Constitution prévoit concernant les Présidents de la République .

Il apparaît clairement, qu’ avant d’être traduits par devant les Tribunaux Ordinaires pour les présumées infractions de versement de pots-de-vin et de corruption passive, mentionnées dans un TRACT puisque le Rapport de l’ UlCC n’ est pas SIGNÉ par l’autorité administrative compétente en violation de l’ article 167 du Décret du 17 mai 2005 sur l’ Organisation et le Fonctionnement de l’ Administration Centrale de l’ Etat, les Présidents Emmanuel Vertilaire, Smith Augustin et Louis Gérald Gilles devraient être préalablement mis en accusation  par la Chambre des Députés et CONDAMNÉS par la Haute Cour de Justice.

Les dispositions constitutionnelles sont d’ordre public, personne ne peut y déroger.

Mais au lieu d’appliquer ce principe élémentaire de la hiérarchie des normes , Me Laurent a préféré s’engager dans une acrobatie juridique dont lui seul a le secret. Un dérapage intellectuel qui, au lieu d’éclairer le débat, l’a embrouillé davantage.

Alors, Me Laurent, la prochaine fois que vous prenez la parole en public sur l’ Arrêt de la Cour d’ Appel, pourquoi ne pas relire l’ article 186 de Constitution dont elle a fait mention et revoir la pyramide des Lois  et son application  ? Platon nous parlait du philosophe qui sort de la caverne pour révéler la lumière du savoir… encore faut-il ne pas confondre l’éblouissement avec l’aveuglement.

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