Dans un scénario digne d’une comédie politique, le gouvernement haïtien nous a offert un épisode récent à la fois lamentable et grotesque. Le vendredi 12 avril, alors que le peuple haïtien peine sous le poids de l’insécurité et de la crise humanitaire, le gouvernement de facto a dévoilé un décret qui défie toute logique et tout bon sens.
Port-au Prince , le 15 Avril 2024 .-Sous les regards ébahis et indignés du peuple haïtien, le gouvernement de facto a orchestré un spectacle d’une ironie mordante. Le décret promulgué ce jour-là, loin d’apporter des solutions aux problèmes cruciaux auxquels le pays est confronté, est apparu comme une insulte supplémentaire à la dignité et à l’intelligence de la nation. Ce décret, qualifié à juste titre de honteux et d’insouciant, illustre le décalage abyssal entre les aspirations du peuple et les agissements de ceux qui prétendent le représenter.
Le gouvernement semble-t-il avoir pactisé avec la communauté internationale pour mener Haïti à son effondrement total ? Alors que le peuple haïtien attend depuis plus d’un mois un arrêté nommant les Conseillers présidentiels, il a été accueilli vendredi par un décret qualifié de honteux et d’inconscient. Ce décret, loin de répondre aux attentes de la population, a été perçu comme une farce de mauvais goût.
Il est indéniable que la constitution haïtienne, notamment son article 145, stipule clairement les critères à remplir pour être président. Cependant, ce qui frappe l’opinion publique, c’est l’absurdité de ne pas mettre en pratique ces dispositions au moment opportun. Après plus d’un mois de négociations et d’ententes avec les différents secteurs politiques, privés et de la société civile, il est tout à fait logique de s’attendre à ce que les membres du Conseil Présidentiel soient nommés conformément aux accords conclus. Le manque de cohérence entre les paroles et les actes du gouvernement ne fait qu’accentuer le sentiment de désillusion et de frustration au sein de la population haïtienne, déjà confrontée à une série de crises sans précédent.
De surcroît, ce décret confère au Conseil des ministres des attributions relevant du pouvoir législatif, allant jusqu’à modifier la constitution sans le moindre scrupule. Quant au pouvoir judiciaire, il est tout simplement ignoré, mettant ainsi en lumière l’arrogance sans limite de ceux qui dirigent le pays. Mais ce qui est encore plus sidérant, c’est l’approbation apparente de la communauté internationale, qui applaudit à un décret aussi absurde et déconnecté de la réalité haïtienne. Alors que les Haïtiens attendent désespérément que justice soit faite, les autorités semblent s’enfoncer dans une parodie de gouvernance, où l’absurdité règne en maître.
Ce décret, qualifié par beaucoup comme un acte d’inconscience et de honte, a pourtant été salué par la communauté internationale. Mais qu’en est-il vraiment ? Sous des dehors d’approbation, ce décret ne fait que créer un Conseil Présidentiel dans une forme immatérielle, conférant ainsi au gouvernement de facto des pouvoirs étendus et discutables.
En effet, le Conseil des ministres a osé abroger l’article 145 de la constitution, ajoutant des critères à ceux aspirant à la présidence, et s’arrogeant ainsi des pouvoirs normalement dévolus au pouvoir législatif. De plus, ce même Conseil se targue désormais d’exercer une autorité démesurée, voire tyrannique, sur le pouvoir judiciaire, ignorant la présomption d’innocence avec une audace déconcertante.
Pire encore, la communauté internationale, censée compatir à la souffrance du peuple haïtien, semble applaudir ce décret qui ignore totalement les documents demandés par les conseillers présidentiels pour leur nomination, validés (supposément) par la CARICOM, et envoyés ensuite au Conseil des ministres.
Maintenant, les prétendus souverains d’Haïti attendent patiemment les pièces des désignés au Conseil Présidentiel, un processus qui pourrait prendre des semaines, voire des mois, étant donné les dysfonctionnements du système judiciaire. La question qui se pose est la suivante : les conseillers présidentiels doivent-ils défier le gouvernement de facto ou se soumettre à ses caprices ?
Dans ce jeu politique complexe où chacun semble être l’émanation du Blanc, le peuple haïtien agonise, regardant impuissant ses élites restavek refuser d’agir de peur d’être inscrits dans le livre des sanctions. Une situation désolante qui révèle les travers d’un système corrompu et défaillant, plongeant le pays dans une incertitude politique insoutenable.