Alors que les jeunes talents sportifs peinent à trouver des ressources pour se développer et que les fédérations sportives n’ont aucun moyen pour former leurs cadres, le Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC) semble nager dans l’opulence… du carburant.
Il paraît qu’en Haïti, l’abondance réside là où on s’y attend le moins. Prenons l’exemple du Ministère de la Jeunesse, des Sports et de l’Action Civique (MJSAC), où le carburant semble couler à flots. Avec un budget modique de 4 millions de gourdes par mois, et qui est miraculeusement passé à 6 millions pour le mois de septembre, ce ministère s’assure que ses véhicules, réels ou imaginaires, sont bien alimentés. Pendant ce temps, les jeunes talents, eux, n’ont ni équipements, ni entraînements, ni championnats. Mais pourquoi s’en inquiéter, n’est-ce pas ? Tant que les réservoirs du MJSAC sont pleins, qui s’en soucie des fédérations sportives ?
Pendant que les cadres du ministère parcourent sûrement de longues distances en voiture, les fédérations sportives – ces fameux opérateurs techniques du ministère – peinent à organiser quoi que ce soit. Elles n’ont pas de moyens pour former des entraîneurs, détecter de nouveaux athlètes ou préparer nos jeunes pour les compétitions internationales. Au lieu d’être soutenus, les futurs champions d’Haïti restent sur la touche, privés des ressources indispensables pour représenter le pays. Ah, mais au moins, les véhicules du ministère sont bien alimentés !
Ironiquement, on approche des Jeux Panaméricains de la Jeunesse 2025, et les fédérations n’ont toujours pas de budget pour envoyer leurs athlètes se préparer. Les sportifs, pourtant remplis de potentiel, n’ont aucune chance de se qualifier. L’opportunité de briller sur la scène internationale ? Complètement ignorée par un ministère plus occupé à brûler du carburant qu’à investir dans l’avenir du sport haïtien.
Imaginons un instant ce que ces millions gaspillés en carburant auraient pu apporter : des stages de formation, de nouveaux équipements sportifs, des compétitions locales pour découvrir les prochains prodiges. Mais non, à quoi bon préparer des champions quand on peut flamber dans le vide ? Au lieu de cela, Haïti, cette grande nation sportive en devenir, se contentera de regarder les compétitions mondiales depuis les gradins.
Ainsi va la machine bien huilée du MJSAC. Une belle démonstration de gestion où l’on préfère remplir des réservoirs plutôt que des esprits et soutenir nos athlètes