Alors que l’insécurité pousse même les institutions publiques à déplacer leurs bureaux, le Centre Ambulancier National, pilier du service pré hospitalier en Haïti, a convoqué une table sectorielle pour alerter sur ses limites critiques. Sous l’impulsion du Dr Louis Gérald Gilles, Conseiller-Président et responsable du Chantier Santé, l’État tente de réaffirmer sa présence dans le domaine vital des urgences médicales, appelant ses partenaires à une mobilisation technique et logistique immédiate.
Dans le contexte actuel de fragilité systémique du secteur de la santé en Haïti, marqué par une détérioration continue des capacités d’intervention en milieu préhospitalier, le Centre Ambulancier National (CAN), sous l’impulsion conjointe de son Conseil d’administration et de sa Direction générale, a organisé le mardi 29 avril 2025, à l’hôtel Montana, une table sectorielle de concertation stratégique réunissant plusieurs acteurs techniques, financiers et institutionnels. Placée sous l’accompagnement actif du Conseiller-Président Dr Louis Gérald Gilles, responsable du Chantier Santé au sein du Conseil Présidentiel de Transition, cette initiative s’inscrit dans une dynamique de gouvernance intégrée visant à préserver les fonctions vitales du service public d’urgence. Elle répond à la nécessité urgente de renforcer les capacités logistiques, humaines et opérationnelles du CAN, dans un environnement marqué par la recrudescence des traumatismes violents, la résurgence de pathologies infectieuses à potentiel épidémique, et la réduction préoccupante de l’accessibilité aux soins pour les populations les plus exposées. En agissant à l’articulation entre coordination politique, expertise technique et logique humanitaire, le Dr Gilles entend faire du renforcement du CAN un levier stratégique au service de la souveraineté sanitaire et de la cohésion sociale.
L’institution, dont le bureau central a récemment été contraint de quitter Péle Simon pour des raisons de sécurité, continue malgré tout d’assurer sa mission fondamentale de transport médicalisé d’urgence. Avec une flotte de près de 100 ambulances dont moins de 40 % sont actuellement fonctionnelles, et un personnel de terrain sous-équipé, le CAN fait face à des défis logistiques et humains majeurs.
Dans la zone métropolitaine, les équipes doivent couvrir plus de deux millions de personnes avec à peine une dizaine de véhicules disponibles. Et pourtant, chaque jour, elles répondent à des appels en hausse : blessés par balles, accouchements non pris en charge, cas suspects de choléra, évacuations nocturnes en zones à risque.
Prenant la parole dans ce cadre, le Dr Louis Gérald Gilles, en sa double qualité de Conseiller-Président et responsable du chantier santé dans la Transition, a tenu à replacer la mission du CAN dans une vision stratégique d’État :
« Cet espace de dialogue a permis de mettre l’accent sur les actions prioritaires à entreprendre pour renforcer les capacités opérationnelles du CAN, dans le but de mieux répondre aux besoins urgents de la population haïtienne. »
Conscient des limites actuelles mais résolument tourné vers les solutions durables, il a précisé :
« J’ai souligné l’importance d’une coordination efficace dans la gestion des urgences sanitaires, tout en réaffirmant l’engagement du Conseil Présidentiel de Transition à soutenir le CAN. »
Le Dr Gilles a également évoqué, de façon méthodique, les leviers à activer :
« Parmi les pistes évoquées : l’augmentation du nombre d’ambulances disponibles, la mise en place de formations en secourisme adaptées aux réalités du terrain, et le renforcement des ressources humaines pour répondre aux exigences croissantes du pays. »
Une posture stratégique, claire, portée par une volonté réformatrice assumée, qui a été saluée par plusieurs participants à la rencontre.
De son côté, le Directeur Général du CAN, Me Renand Aristide, a dressé un tableau lucide de la situation, tout en appelant à un soutien structuré et pérenne des partenaires :
« Les ressources allouées par le budget national, bien qu’essentielles, ne correspondent plus aux réalités du terrain. Le CAN est confronté à une demande exponentielle dans un contexte de mobilité restreinte, de flambée des urgences médicales et d’extrême précarité logistique. »
Il a rappelé que la priorité portait à la fois sur le redéploiement de la flotte, la dotation en équipements adaptés, l’approvisionnement régulier en carburant, mais aussi la sécurisation des personnels qui assurent ces services en première ligne.
« La question des ressources humaines est centrale. Nous devons professionnaliser davantage notre personnel par des formations aux standards internationaux, tout en assurant des conditions minimales de sécurité et de reconnaissance. »
Au terme des discussions, la table sectorielle a permis de fixer trois axes clairs d’intervention : la réhabilitation technique des ambulances, la mise en œuvre d’un programme de formation certifiant, et la relance du maillage territorial logistique pour garantir l’équité d’accès aux soins d’urgence sur tout le territoire.
Dans un pays où l’accès aux soins peut dépendre de quelques kilomètres et de quelques minutes, le rôle du CAN devient essentiel à la stabilité sociale. La présence active du Dr Louis Gérald Gilles, à cette rencontre, n’aura pas seulement permis d’ouvrir le dialogue : elle aura donné un signal fort que, malgré l’insécurité et les ressources limitées, l’État entend reprendre ses fonctions vitales — et les assumer.